Les Passeurs de Culture
Mise à jour novembre 2026 l 06 31 76 89 41
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> Peut-on manipuler les peuples par les images et les récits ?
Depuis les peintures de batailles jusqu'aux affiches de propagande, des romans nationaux aux films documentaires, les images et les récits ont toujours participé à la construction des opinions collectives. Ils peuvent transmettre des connaissances, éveiller les consciences et favoriser l'émancipation. Mais ils peuvent également dissimuler la réalité, désigner des ennemis, justifier des violences ou orienter les comportements.
Manipuler un peuple, ce n'est pas nécessairement lui imposer une vérité par la force. C'est parfois lui faire croire qu'il a librement choisi une idée que d'autres ont soigneusement préparée.
Comprendre ce mécanisme permet de mieux saisir le fonctionnement des sociétés, les dangers de la propagande et la responsabilité de ceux qui produisent et diffusent des images et des récits.
Pourquoi les images exercent-elles un pouvoir si puissant ?
Une image semble souvent plus convaincante qu'un discours, car elle possède une force particulière : elle donne l'impression de rendre directement visible la réalité. Une photographie, une vidéo ou une peinture peut provoquer une émotion immédiate, parfois plus forte qu'une explication rationnelle.
Lorsqu'une personne découvre une photographie de victimes de guerre, elle peut éprouver de la compassion, de la colère ou un sentiment d'injustice. Une image de foule enthousiaste peut donner l'impression qu'une population entière soutient un dirigeant. Une photographie de violence peut faire naître la peur et renforcer le désir de vengeance.
Pourtant, une image ne montre jamais la totalité d'une situation. Elle dépend d'un cadrage, d'un choix de moment, d'un angle de prise de vue et d'une intention de diffusion.
Ce qui se trouve hors du cadre peut être aussi important que ce qui apparaît à l'écran. Une photographie peut être authentique tout en donnant une représentation profondément trompeuse de la réalité.
Le pouvoir de manipulation commence souvent ici : faire passer une représentation partielle pour une vérité complète.
Les images de propagande : convaincre avant de faire réfléchir :
Au XXe siècle, les régimes politiques comprennent particulièrement bien l'importance des images. Les affiches, les photographies, les films et les actualités cinématographiques deviennent des instruments de mobilisation.
Pendant la Première Guerre mondiale, les affiches invitent les populations à soutenir l'effort militaire, à souscrire des emprunts ou à dénoncer l'ennemi. Elles simplifient les conflits en opposant souvent un camp présenté comme courageux et juste à un adversaire déshumanisé.
Dans l'Allemagne nazie, la propagande utilise systématiquement les images pour glorifier Hitler, exalter la nation allemande et diffuser l'antisémitisme. Les rassemblements spectaculaires, les symboles, les uniformes et les mises en scène de masse construisent une impression de puissance et d'unité.
L'image ne se contente plus d'informer : elle cherche à produire une émotion collective et à orienter les comportements.
Le cinéma et la construction des imaginaires collectifs :
Le cinéma peut également participer à la fabrication d'une vision politique du monde.
Certains films héroïsent les conquêtes, valorisent les dirigeants ou présentent les guerres comme des aventures nécessaires. D'autres montrent au contraire la souffrance des populations, les conséquences des conflits et les mécanismes de domination.
La force du cinéma réside dans sa capacité à associer images, musique, personnages et émotions. Le spectateur ne reçoit pas seulement une information : il vit une expérience qui peut modifier sa perception d'un événement historique.
Mais cette puissance n'est pas nécessairement manipulatrice. Le cinéma peut aussi déconstruire les mythes, révéler les injustices et donner une voix à ceux qui ont été oubliés.
Tout dépend de la manière dont les images sont produites, organisées et interprétées.
Peut-on manipuler les peuples en racontant une histoire ?
Le récit : donner un sens aux événements :
Si l'image frappe les esprits, le récit organise la compréhension du monde.
Un récit ne consiste pas simplement à énumérer des faits. Il les sélectionne, les ordonne, leur attribue des causes et des conséquences. Il construit une interprétation. C'est précisément ce qui lui donne sa puissance.
Les sociétés ont besoin de récits pour comprendre leur passé, transmettre leurs valeurs et construire une identité collective. Les histoires nationales, les mythes fondateurs, les grandes figures héroïques ou les souvenirs de victoires contribuent à créer un sentiment d'appartenance.
Mais ces récits peuvent également devenir des instruments de manipulation.
Un pouvoir politique peut présenter son histoire comme celle d'un peuple éternellement menacé. Il peut glorifier certaines périodes, effacer des épisodes embarrassants ou transformer des adversaires en ennemis de la nation. En répétant ces représentations, il cherche à imposer une vision particulière du monde.
La manipulation des peuples repose souvent sur trois opérations : sélectionner les faits, simplifier leur signification et répéter suffisamment le récit pour qu'il devienne une évidence.
Les mythes nationaux : entre mémoire et instrumentalisation :
Les récits nationaux jouent un rôle important dans la construction des identités collectives.
Ils mettent en avant des personnages emblématiques, des événements fondateurs et des moments de grandeur. Ils donnent aux populations le sentiment d'appartenir à une histoire commune.
Cependant, ces récits peuvent dissimuler les conflits internes, les injustices ou les contradictions du passé. Ils peuvent aussi présenter les autres peuples comme des adversaires naturels ou des menaces permanentes.
L'histoire devient alors un instrument politique.
Il ne s'agit pas nécessairement de fabriquer entièrement des événements imaginaires. La manipulation peut se produire en utilisant des faits réels, mais en leur donnant une interprétation orientée.
Une victoire militaire peut être présentée comme une preuve de supériorité nationale. Une défaite peut devenir un récit de trahison. Une période complexe peut être réduite à une opposition entre héros et ennemis.
C'est pourquoi il est essentiel de distinguer l'histoire, qui repose sur l'étude critique des sources, et les récits historiques instrumentalisés, qui cherchent avant tout à produire une adhésion.
La propagande nazie : fabriquer un ennemi pour unir une population :
L'Allemagne nazie constitue un exemple particulièrement tragique de manipulation par les images et les récits.
Le régime d'Hitler ne se contente pas de diffuser des idées politiques. Il construit une représentation globale du monde dans laquelle la nation allemande serait humiliée, menacée et appelée à retrouver sa grandeur.
La propagande nazie désigne les Juifs comme responsables de difficultés économiques, de désordres politiques et de prétendues menaces contre la nation. Elle diffuse des théories racistes, transforme les préjugés en pseudo-vérités et cherche à rendre acceptable l'exclusion d'une partie de la population.
Les affiches, les journaux, les discours, les films et les rassemblements contribuent à cette entreprise.
Le mécanisme est particulièrement dangereux : une population peut progressivement être amenée à considérer comme légitimes des mesures qui auraient auparavant semblé inacceptables.
La propagande ne provoque pas mécaniquement l'adhésion de tous. Les individus conservent des attitudes différentes, peuvent résister ou rester indifférents. Mais elle contribue à créer un environnement dans lequel certaines idées deviennent omniprésentes, tandis que d'autres sont marginalisées ou interdites.
L'histoire du nazisme rappelle ainsi que la manipulation de l'opinion peut préparer les conditions intellectuelles et sociales de violences extrêmes.
George Orwell : quand le pouvoir contrôle les mots et la vérité :
La littérature a également exploré les mécanismes de manipulation collective.
Dans son roman 1984, publié en 1949, George Orwell imagine une société totalitaire dans laquelle le pouvoir contrôle les informations, transforme le passé et cherche à maîtriser le langage.
Le ministère de la Vérité falsifie les archives. Les événements anciens sont constamment réécrits pour correspondre aux intérêts du régime. Les citoyens sont ainsi privés de repères permettant de confronter les affirmations officielles à la réalité.
Le roman montre également comment la répétition des slogans, la surveillance et la restriction du vocabulaire peuvent limiter la pensée individuelle.
Orwell ne décrit pas seulement un univers de fiction. Il met en évidence une question fondamentale : comment rester libre lorsque les mots qui permettent de penser et les informations qui permettent de comprendre sont eux-mêmes contrôlés ?
La force de 1984 est de nous rappeler que la manipulation ne porte pas uniquement sur ce que nous voyons. Elle concerne aussi les mots avec lesquels nous interprétons ce que nous voyons.
Les émotions : le véritable moteur de la manipulation :
La manipulation des peuples ne repose pas uniquement sur des informations fausses ou des récits mensongers. Elle s'appuie surtout sur les émotions.
La peur, la colère, l'humiliation, le sentiment d'injustice, l'espoir ou la fierté collective peuvent modifier profondément notre manière de juger une situation.
Un discours qui provoque la peur peut pousser à accepter des mesures autoritaires. Une image de violence peut encourager le désir de vengeance. Un récit qui promet le retour à une grandeur passée peut susciter l'adhésion à un projet politique.
La peur et la désignation d'un ennemi :
La peur constitue l'un des ressorts les plus puissants de la propagande.
Lorsqu'une population est présentée comme constamment menacée, elle peut devenir plus sensible aux discours qui promettent protection et sécurité.
Le mécanisme consiste souvent à désigner un responsable unique aux difficultés collectives : une minorité, un peuple étranger, une catégorie sociale ou un groupe politique.
Cette simplification permet de transformer des problèmes complexes en explications faciles à comprendre.
La peur peut également servir à justifier l'exclusion, la discrimination ou la violence.
La manipulation devient particulièrement efficace lorsque l'ennemi désigné est présenté non comme un adversaire avec lequel discuter, mais comme une menace contre laquelle toute mesure serait légitime.
L'indignation et les images de violence
Les images de souffrance peuvent susciter une indignation légitime. Elles permettent de rendre visibles des injustices que les discours officiels cherchent parfois à dissimuler.
Mais elles peuvent aussi être utilisées de manière stratégique.
Une image sortie de son contexte, une scène ancienne présentée comme actuelle ou une vidéo accompagnée d'une légende mensongère peuvent orienter les émotions du public.
Il faut donc distinguer deux choses : l'émotion produite par une image et la véracité de l'interprétation qui l'accompagne.
Une émotion sincère ne garantit pas que l'information soit exacte.
C'est une distinction essentielle pour comprendre les mécanismes contemporains de désinformation.
La répétition : quand une affirmation devient familière :
La répétition joue également un rôle important, car une idée régulièrement entendue ou vue peut finir par sembler familière, puis parfois crédible, même lorsque sa véracité n'a pas été vérifiée.
Les slogans, les formules courtes, les images symboliques et les messages simplifiés sont particulièrement adaptés à cette logique.
Ils permettent de diffuser rapidement une idée et de la rendre facilement mémorisable.
Mais la répétition ne suffit pas à démontrer qu'une affirmation est vraie.
Une information doit être évaluée à partir de ses sources, de ses preuves et de son contexte, et non à partir de sa fréquence de diffusion.
Les réseaux sociaux : une nouvelle puissance de manipulation ?
Avec Internet et les réseaux sociaux, les images et les récits circulent à une vitesse sans précédent.
Une photographie, une vidéo ou une affirmation peut être partagée des milliers de fois en quelques minutes. Cette rapidité transforme profondément la diffusion de l'information.
Autrefois, la propagande dépendait largement des journaux, de la radio, du cinéma et de la télévision. Aujourd'hui, chaque utilisateur peut participer à la diffusion d'un message, volontairement ou non.
Cette évolution présente des avantages considérables. Elle permet de témoigner, de dénoncer des injustices, de faire connaître des événements ignorés et de donner la parole à des populations privées de médias.
Mais elle crée également de nouvelles possibilités de manipulation.
Les fake news : fabriquer une réalité parallèle :
Les fausses informations, souvent désignées par l'expression fake news, peuvent prendre plusieurs formes :
- Une photographie ancienne présentée comme récente ;
- Une vidéo authentique accompagnée d'une légende mensongère ;
- Une citation attribuée à une personnalité qui ne l'a jamais prononcée ;
- Un chiffre sorti de son contexte ;
- Un événement inventé pour provoquer une réaction politique ;
- Une information partiellement vraie dont les éléments essentiels sont volontairement omis.
Le problème ne réside pas seulement dans l'existence de ces contenus. Il tient également à leur capacité à circuler rapidement et à atteindre des publics nombreux.
Certaines personnes partagent une information parce qu'elle correspond à leurs convictions, avant même de vérifier sa véracité.
Ainsi, la désinformation peut être amplifiée par les comportements ordinaires des utilisateurs.
Les algorithmes et les bulles informationnelles :
Les plateformes numériques organisent souvent les contenus en fonction des préférences et des comportements des utilisateurs.
Cette personnalisation peut enfermer les individus dans des environnements informationnels où ils rencontrent principalement des opinions proches des leurs.
Progressivement, certaines personnes peuvent avoir l'impression que leur vision du monde est largement partagée, alors qu'elles ne voient qu'une partie de la réalité.
Les opinions contraires deviennent moins visibles. Les discussions se polarisent. Les représentations collectives peuvent se radicaliser.
Ce phénomène ne signifie pas que les algorithmes manipulent systématiquement les utilisateurs. Mais leur fonctionnement peut favoriser certaines formes de diffusion, notamment lorsque les contenus suscitant de fortes réactions émotionnelles attirent davantage l'attention.
L'intelligence artificielle : peut-on encore croire ce que l'on voit ?
Les progrès de l'intelligence artificielle rendent possible la création d'images, de voix et de vidéos très réalistes.
Les deepfakes peuvent faire apparaître une personnalité dans une situation fictive, lui faire prononcer des paroles qu'elle n'a jamais dites ou modifier des images existantes.
Ces technologies peuvent servir à créer, à divertir ou à produire des œuvres artistiques. Mais elles peuvent également être utilisées pour tromper, diffamer ou influencer l'opinion.
Le danger est double.
D'abord, une image fabriquée peut être prise pour une preuve.
Ensuite, lorsqu'une population sait que les images peuvent être falsifiées, certaines personnes peuvent finir par contester également des documents authentiques.
La confiance dans l'information devient alors plus fragile.
Le véritable enjeu n'est plus seulement de savoir si une image est fausse, mais de disposer des moyens de vérifier ce qu'elle prétend montrer.
Peut-on résister à la manipulation des images et des récits ?
Si les images et les récits peuvent influencer les peuples, ils ne déterminent pas entièrement leurs comportements.
Les individus ne sont pas de simples récepteurs passifs. Ils peuvent interpréter, comparer, discuter, contester et refuser les messages qui leur sont adressés.
La résistance à la manipulation repose donc sur plusieurs capacités.
Apprendre à regarder les images :
Une image doit être interrogée avant d'être interprétée.
Quelques questions simples permettent de développer une vigilance :
- Qui a produit cette image ?
- À quelle date a-t-elle été réalisée ?
- Dans quel contexte a-t-elle été prise ?
- Que montre-t-elle réellement ?
- Que ne montre-t-elle pas ?
- Quelle légende l'accompagne ?
- Cette légende correspond-elle aux faits ?
- D'autres sources permettent-elles de confirmer son interprétation ?
Ces questions ne doivent pas conduire à rejeter systématiquement les images, mais elles permettent plutôt de les regarder avec davantage d'attention.
Apprendre à lire les récits :
Les récits doivent également être examinés avec méthode.
Il est utile de se demander :
- Qui raconte cette histoire ?
- Quels événements sont mis en avant ?
- Quels personnages sont valorisés ou dévalorisés ?
- Quels éléments sont absents ?
- Quelles émotions le récit cherche-t-il à provoquer ?
- Existe-t-il d'autres interprétations possibles ?
Cette démarche permet de comprendre qu'un récit peut être convaincant sans être nécessairement fidèle à la réalité.
Elle aide également à distinguer les faits, les interprétations et les opinions.
L'histoire et la culture comme outils de vigilance :
L'histoire constitue un moyen particulièrement efficace de comprendre les manipulations.
Elle permet d'étudier les propagandes anciennes, les mécanismes de construction des mythes politiques et les conséquences de la falsification de l'information.
En confrontant les documents, les témoignages et les interprétations, elle apprend à ne pas accepter une affirmation uniquement parce qu'elle paraît évidente.
L'art contribue également à cette vigilance.
Une œuvre peut nous apprendre à regarder autrement, à interroger les représentations habituelles et à découvrir ce qui était auparavant invisible.
La littérature, quant à elle, permet de comprendre les mécanismes psychologiques et sociaux de la manipulation. Elle nous fait entrer dans des univers où la vérité, la liberté et le pouvoir deviennent des questions concrètes.
Les images et les récits peuvent-ils aussi libérer les peuples ?
Il serait cependant réducteur de considérer les images et les récits uniquement comme des instruments de manipulation.
Ils peuvent aussi devenir des moyens de résistance et d'émancipation.
Une photographie peut révéler une injustice. Un film peut dénoncer une dictature. Un roman peut faire comprendre les conséquences de la pauvreté ou du racisme. Un témoignage peut briser le silence entourant une violence longtemps dissimulée.
L'image et le récit peuvent alors rendre visibles des réalités que certains pouvoirs cherchent à cacher.
Ils permettent de transmettre des expériences, de préserver des mémoires et de faire entendre des voix marginalisées.
L'histoire des sociétés montre que les œuvres artistiques et littéraires ont parfois contribué à modifier les sensibilités collectives.
Le texte J'accuse…! d'Émile Zola, publié en 1898 dans le contexte de l'affaire Dreyfus, illustre cette capacité de l'écriture à intervenir dans un débat public et à contester une injustice.
La littérature peut également dénoncer les mécanismes de domination. Les romans de Victor Hugo, les œuvres de George Orwell ou les témoignages des survivants des violences politiques montrent que raconter peut aussi être un acte de résistance.
Les récits ne sont donc pas seulement des moyens de contrôler les peuples.
Ils peuvent leur permettre de retrouver leur mémoire, de comprendre leur situation et de défendre leur liberté.
La liberté commence par la capacité de comprendre ce que l'on voit et ce que l'on entend :
Peut-on manipuler les peuples par les images et les récits ?
La réponse est incontestablement oui, mais cette manipulation n'est ni automatique ni irréversible.
Les images peuvent produire des émotions puissantes. Les récits peuvent simplifier la réalité, fabriquer des ennemis ou imposer une interprétation des événements. La répétition, la peur, les préjugés et la désinformation peuvent contribuer à orienter les opinions collectives.
L'histoire du XXe siècle montre les conséquences parfois tragiques de ces mécanismes. Les technologies numériques leur donnent aujourd'hui une nouvelle dimension, en permettant une diffusion rapide et massive des informations, des images et des discours.
Mais les images et les récits ne sont pas condamnés à servir la manipulation.
Ils peuvent également transmettre des connaissances, éveiller les consciences, dénoncer les injustices et défendre les libertés.
Tout dépend de la manière dont nous les produisons, les diffusons et les interprétons.
La véritable protection contre la manipulation ne consiste donc pas à cesser de regarder les images ou à se méfier de tous les récits. Elle consiste à apprendre à les comprendre.
Une société libre n'est pas une société qui échappe à toute influence. C'est une société dans laquelle les citoyens disposent des connaissances, de la culture et de l'esprit critique nécessaires pour reconnaître les manipulations et construire leurs propres jugements.
Dans cette perspective, l'histoire, les arts et la littérature jouent un rôle essentiel.
Ils nous apprennent à regarder le monde autrement, à interroger les évidences et à comprendre la complexité des sociétés humaines.
La culture ne garantit pas la liberté, mais elle contribue à la rendre possible.
Et c'est peut-être l'une de ses fonctions les plus importantes.
Les Passeurs de Culture
Novembre 2026
Pour aller plus loin, vous pouvez lire :
Peut-on manipuler les peuples
par les images et les récits ?
Quand les images et les récits façonnent notre vision du monde :
Une photographie peut-elle changer le cours d'une guerre ? Un discours peut-il faire basculer une population dans la haine ? Une histoire racontée des milliers de fois peut-elle devenir une vérité collective, même lorsqu'elle repose sur des mensonges ? Ces questions traversent l'histoire des sociétés et prennent aujourd'hui une importance particulière avec la circulation massive des images et des informations.
Les peuples ne se construisent pas uniquement à partir de faits historiques, de réalités économiques ou de décisions politiques. Ils se construisent aussi à travers des représentations. Les images que nous regardons, les récits que nous entendons, les personnages auxquels nous nous identifions et les événements que nous retenons contribuent à former notre perception du monde.